Accueil du site

Du Luxe ? (2015)

  • Du 26 septembre au 29 novembre 2015.
  • L’Aspirateur, Narbonne.

    Artistes : Arthur Babel, François Bénard, Moumen Bouchala, Cyril Bourdois, Bonnie Colin, Gérard Collin-Thiébault, Gérald Colomb, Jérôme Conscience, Alexandre Domini, Ziane Forest, Julien Garnier, Kendell Geers, Alexandre Gilibert, Charlotte Guinot-Bacot, Rodolphe Huguet, Jerc, Thomas Perrin, Philippe Pétremant, Gilles Picouet, Pauline Repussard, Romuald et PJ, Luce de Tétis, Jérôme Vaspard, Christophe Vaubourg.

    Commissariat : Julien Cadoret, Laurent Devèze et Jérôme Vaspard.

    • L'aspirateur
    • Ziane Forest
    • Charlotte Guinot-Bacot
    • François Bénard / Pauline Repussard
    • Jérôme Conscience / François Bénard / Kendell Geers / (...)
    • Jérôme Conscience
    • Jérôme Conscience / Kendell Geers / Moumen Bouchala
    • Jérôme Conscience
    • Kendell Geers
    • Moumen Bouchala
    • Vue d'ensemble
    • Pauline Repussard / Bonnie Colin. Maison Lacroix
    • Bonnie Colin. Maison Lacroix
    • Vue d'ensemble
    • Bonnie Colin. Maison Lacroix
    • Bonnie Colin
    • Kendell Geers
    • Gérard Collin-Thiebault / Kendell Geers
    • Gérard Collin-Thiebault / Romuald et PJ
    • Romuald et PJ / Thomas Perrin
    • Thomas Perrin
    • Vue d'esemble
    • Gilles Picouet
    • Romuald et PJ / Gilles Picouet / Thomas Perrin
    • Gilles Picouet / Christophe Vaubourg
    • Vue d'ensemble
    • Vue d'ensemble
    • Alexandre Domini
    • Alexandre Domini / Bonnie Colin. Maison Lacroix
    • Christophe Vaubourg
    • Philippe Pétremant
    • Luce de Tétis / Philippe Pétremant
    • Luce de Tétis
    • Vue d'ensemble
    • Charlotte Guinot-Bacot
    • Vue d'ensemble
    • Arthur Babel
    • Julien Garnier / Cyril Bourdois
    • Julien Garnier
    • Cyril Bourdois
    • Alexandre Gilibert
    • Alexandre Gilibert
    • Julien Garnier
    • Julien Garnier
    • Julien Garnier
    • Jérôme Vaspard
    • Jérôme Vaspard
    • Thomas Perrin
    • Vue d'ensemble
































































































Du luxe ? De la figure historique des grands mécènes jusqu’aux vicissitudes du marché de l’art, il semble que l’art, et singulièrement l’art contemporain, ait affaire à ces questions du luxe, du moins dans son acception première d’outil de distinction sociale. Eléments visuels clinquants ou élégants. Parures, vêtements ou yachts, l’exposition ne pouvait manquer de présenter en son sein des représentations de ces représentations, elles- mêmes souvent construites avec le concours d’artistes ou de designers. Bien sûr cette résonance ne saurait se concevoir sans dimension critique, ciblée socialement, face à ces usages « distingués ». Aussi, est-ce souvent le questionnement politique qui, dans une telle exposition, tend à se développer autour d’œuvres qui, par exemple, soulignent le caractère dangereux de la peur de perdre son bien. Peur qui fait vivre en prison celui qui craint le vol. D’autres figurent le dérisoire de l’attrait des marques qui finissent par rendre acéphale le sujet qui les portent comme les antiques hommes sandwichs. Mais le luxe évoque aussi le droit de chacun à s’octroyer, le temps de l’exposition, le temps de s’arrêter pour découvrir quelque chose que l’on n’attend pas, que personne, par campagne publicitaire interposée, nous a imposé comme indispensable à notre bonheur. « Du luxe ? » pourrait donc être en pleine crise, une revendication comme celle de penser ou d’aimer. Le luxe comme prise de décision dans une vie trop souvent subie, qui choisit de s’arrêter un moment pour voir, et non plus regarder, ainsi que nous l’a appris Socrate ou... Castaneda. L’exposition se présente donc comme un étalage assumé d’œuvres disparates qui semblent simplement se proposer à la vue du spectateur, comme les bijoux le sont à celle des passants dans certaines vitrines joaillières. Pourtant, à y regarder de plus près, les œuvres s’appellent et se répondent parfois, se regroupent d’évidence autour d’un même thème, comprenez autour d’une même manière d’envisager la problématique. l’art comme moyen L’art peut s’affirmer comme le moyen de saisir la beauté, en vivant dans de vivre en un foulard signé ou avec ses orné de bijoux-talismans. Comme en un petit paradis préservé. Mais aussi l’art peut aussi se faire comme dénonciation d’une société à l’idéal de coffre-fort. Ici, des œuvres qui jouent des objets presque rituels du monde du luxe que sont les marques, les voitures, les bateaux ou les villas d’architecte ; là, des œuvres qui semblent appeler notre regard à saisir le surgissement du beau au milieu d’un champ de gravats. « Du luxe ? » ne se propose donc pas, à proprement parler, de répondre définitivement à la question posée, mais bien de la saisir comme problème, c’est à dire d’en délimiter les tensions, d’en saisir les paradoxes ou les contradictions. Ainsi, il s’agit pour nous de proposer une flânerie, une découverte d’œuvres parfois sages, parfois sauvages, mais aussi d’oser faire naître dans la déambulation anodine, le sentiment une fois la visite effectuée, que l’on en sait un peu plus sur cette interrogation, que l’on a, grâce aux œuvres et à elles seulement, approfondi notre approche du phénomène et sans doute aussi quelque peu aiguisé notre regard. L’ ambition de notre trio est là tout entière, vous proposer de jouir de ce luxe qui consiste à prendre enfin du temps à soi pour mieux pour voir enfin les choses, les appréhender sans a priori ni vitesse de jugement, à l’approche toujours forcément approximative. S’accorder le du temps et le droit d’embrasser, ne serait-ce que le temps la durée d’un regard, des œuvres à la naïveté presque enfantine ou des créations au discours social acéré et se c’est se dire que dans pareil endroit l’on a été bien « aspiré » de venir...

LD