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Lieux Dits (2016)

  • Du 26 mars au 30 avril 2016.
  • Médiathèque les Mots passants, St Vit.



    Artistes : Manon Aubry, Bertrand Bellay, Thibault Brunet, Maxime Callen, Guillaume Cretin, Gwilherm Courbet, Damien Desbouiges, Gérald Colomb, Maxime Duchanoy, Hugo Eymard Duvernay, Julien Garnier, Alexis Gautheron, Emilie Godin, Myriam Grosso, Clément Richem, Corsin Vogel, Frédéric Weigel.

    Commissariat : Julien Cadoret & Laurent Devèze / Co-commissariat : Adeline Leprêtre.

    • Clément Richem / Corsin Vogel
    • Clément Richem / Corsin Vogel / Julien Garnier
    • Julien Garnier
    • Frédéric Weigel
    • Clément Richem / Frédéric Weigel
    • Clément Richem
    • Clément Richem / Corsin Vogel
    • Manon Aubry / Thibault Brunet
    • Manon Aubry
    • Thibault Brunet
    • Thibault Brunet / Maxime Callen
    • Maxime Callen
    • Damien Desbouiges
    • Guillaume Cretin
    • Guillaume Cretin
    • Guillaume Cretin
    • Maxime Duchanoy / Hugo Eymard / Alexis Gautheron / (...)
    • Gérald Colomb
    • Gérald Colomb / Gwilherm Courbet
    • Gérald Colomb / Gwilherm Courbet






D’ordinaire, les expositions, même si elles tirent évidemment leur scénographie des lieux qui les accueillent, s’organisent autour de thèmes précis extérieurs à ces salles, thèmes conçus le plus souvent avant même qu’on sache d’ailleurs où seront présentées les œuvres pressenties. Or, à Saint Vit, forts de l’invitation généreusement adressée à l’ISBA par la Mairie, nous avons pu « renverser la vapeur » (nous logeons rue Denis Papin …) et proposer une exposition comme dictée par les lieux. Refusant un débarquement intempestif, nous avons préféré en effet, tenter l’expérience d’une arborescence qui permettrait à l’exposition de se déployer en trois grandes ramures correspondant à la nature des trois salles investies. L’une, à forte présence patrimoniale, voûtée et exemplaire de l’art médiéval en ses arcs brisés, la seconde, plus neutre en formes mais dont les couleurs manifestent une personnalité bien à part, et enfin la troisième, dont le caractère néo industriel évoque ces friches reconverties que l’art contemporain orne de nos jours souvent avec bonheur et dont le caractère brut évoque les formes architecturées de nos cités. Ainsi « Lieux dits » est-elle une exposition qui procède de trois lieux dont la spécificité a fourni la thématique, plus qu’elle ne s’installerait en eux, leur imposant des travaux artistiques « de l’extérieur ».

Nous vous proposons donc une présentation d’œuvres contemporaines questionnant la notion de patrimoine historique, une autre qui interroge la question de la couleur singulièrement traitée par de jeunes artistes d’aujourd’hui et enfin, une exposition qui rassemblera des œuvres qui chacune évoque les problématiques architecturales. Histoire, Couleurs, Architecture, notre bréviaire vient des lieux qui nous habitent plus que nous les habitons, aussi nous a-t-il semblé pertinent d’appeler « Lieux dits » cette curieuse exposition tripartite qui doit quasiment tout à son accueil faisant si l’on peut dire : « d’une pierre trois coups » ! De la question du patrimoine nous avons gardé essentiellement les interrogations touchant à l’histoire et à la transmission de son héritage. Ainsi : Gérald Colomb interroge-t-il la postérité des fameux gisants du Moyen-âge comme des éphèbes de l’Art Grecs du Kouros. Myriam Grosso qui, de retour de Rhodes expose de curieuses « impressions » de son voyage au Palais des Grands Maîtres.

De la couleur nous avons souligné à quel point elle peut à elle seule suggérer un univers entier : Maxime Duchanoy, dans ses vidéos, interroge la fonction du fond coloré et de la lecture qu’il fait naître en nous de la pièce présentée. Bertrand Bellay semble, lui, revisiter les années POP en revisitant (répétition !) le portrait psychédélique, entre rêves et substances psychotropes (il est aussi pharmacien). Alexis Gautheron par ses affiches exprime un univers de formes et de couleurs qui emprunte autant à l’onirisme surréaliste qu’aux mires de notre technologie la plus contemporaine. Hugo Eymard Duvernay, lui, dessine par couleurs interposées des architectures imaginaires qui doivent plus à Chirico qu’à Le Corbusier.

De l’architecture du travail post-industriel nous avons retenu la puissance du bâti et la source d’inspiration que nos cités ne cessent de représenter pour la création visuelle d’aujourd’hui : Maxime Callen dans sa vidéo de « promoteur » dénonce les utopies à l’œuvre dans certaines ambitions urbaines et leur indigente originalité. Un bonheur en trois coups de truelle. Gwilherm Courbet fait avec le plâtre ce que d’ordinaire il assume en gravure à savoir souligner les caractéristiques quasi biologiques de l’inerte osant donner au minéral les caractères du vivant. Les vidéos de Julien Garnier nous rappellent ce que peuvent avoir de figé et d’inquiétant les modèles préconçus des villas « de rêves ». Après les Beaux-Arts de Besançon, Guillaume Cretin poursuit aujourd’hui des études d’architecture, son travail plastique s’inspire tout naturellement des villes imaginaires, qui emprunte autant à la science-fiction qu’à Piranèse. A l’heure des occupations intempestives et révolutionnaires d’espaces disputés, « des jungles » et des communautés en luttes, les villes de carton de Manon Aubry semblent en appeler tout à la fois à l’alternative et à la légèreté. De l’oxydation accidentelle de murs anciens, Corsin Vogel nous amène à découvrir des mondes oubliés. En une métonymie éblouissante nous sommes entrainés à un voyage qui d’une vilaine fissure sait faire un cosmos entier. Dans le jeu de construction propre aux enfants, Damien Desbouiges sait glisser les plus grandes références de l’Art du XXe siècle. L’aspect ludique se renouvelant alors : Saurais-tu retrouver les tableaux figurés dans cette maquette ? De son séjour au Japon, qu’il habite maintenant depuis 10 ans, cet ancien diplômé nous propose une réflexion sur le bâti du grand archipel, sur papier naturellement. Les univers urbains de Thibault Brunet viennent tous de jeux vidéo qui d’ordinaire ne leur laissent que la deuxième place, celle de décors indistincts. Grâce à lui nous habitons enfin des lieux que nous avons sans doute tous déjà visités la manette en main. Diplômée de Graphisme, Emilie Godin a effectué une résidence autour des arts du feu et nous livre dans cette œuvre en céramique sa méditation sur une cité marine. Les installations de Clément Richem nous invitent à survoler des cités imaginaires dont le profil nous rappelle tout à la fois les études d’urbanisme les plus audacieuses ou les plus déraisonnables et ces cités états du futur qui font la gloire et la popularité du cinéma et de la bande dessinée d’anticipation. Des volumes qui savent se faire maquette en quelque sorte… LD.